Suite de notre reportage sur les Interclubs, la semaine dernière nous avions rencontré plusieurs athlètes et juges du club pour avoir leur ressenti sur les Interclubs.

Cette semaine, nous nous sommes penchés sur une épreuve spécifique aux Interclubs, le fameux relais 4 x 400 m.

C'est sans aucun doute, une des épreuves les plus attendues.

Découverte et réactions avec nos équipes du 4 x 400 m de 2017!

Peux-tu nous faire une petite présentation ?

Jordan BOURDAGET (J.B): « Je suis arrivé au club pour la saison 2013-2014 en provenance de Braud. J’entraîne également avec Nathalie sur les jeunes, depuis 2 ans. On a une belle équipe en place sur la formation des benjamins. J’ai participé à mes premiers interclubs dès ma première année au club, sur 400m, javelot et 4x100m à Toulouse ».

Alban DOUE-TAI (A.D): « J'ai commencé l'athlétisme en 2004 puis je suis arrivé à l'UST en 2015. Je fais du sprint sur les distances du 60m jusqu’au 400m. Parfois, sur un petit coup de folie, je peux faire un 800m. Mes premiers interclubs étaient en été 2006 sur 800m et saut en hauteur ».

Cassiopée CHATELLE (C.C) : « J'ai 21 ans, licenciée à Talence depuis septembre 2015. Je suis spécialisée sur les distances du 400m et 800m. J'ai commencé l'athlétisme en septembre 2011 au Bordeaux Etudiant Club. C’est en 2012 que j’ai pris part à mes premiers interclubs, j’avais pris le départ du 200m et participé au concours de longueur ».

Lucile CRES (L.C) : « Je suis licenciée à Talence depuis septembre 2016. Je suis sprinteuse orientée plutôt vers le 400m. J’ai connu mes premiers interclubs en 2010 au club d’Angers ».

Lawing DE DONDER (L.D) : « Je suis arrivé l’année dernière au club dans le groupe de sprint de Chrystophe. Je me suis spécialisé sur le 400m à mon arrivée au club. Mes premiers Interclubs remontent à 2007, je courais généralement sur le 200m au club de l'Aunis athlétisme à La Rochelle ».

Première question, as-tu pris part au relais 4x400m lors des Interclubs 2017 ?

Lawing.D : « Oui, j'étais membre du relais au premier tour (j'étais en 2ème position) et au second tour, j'ai pris le départ et lancé le relais ».

Alban.D : « Yes ! J'ai eu la joie d'être présent au premier tour sur le relais 4x400m. J'étais en première position. Je me suis blessé cinq jours avant le second tour, je n’ai donc pas pu y prendre part ».

Jordan.B: « J’ai eu la chance de participer au relais 4x400m en équipe 1. L’année dernière, j’étais en 3ème relayeur sur le second tour seulement (absent pour blessure pour le 1er tour) ».

Lucile.C : « Oui, j’ai pris part aux deux tours en tant que première relayeuse ».

Cassiopée.C : « J'ai eu le plaisir d'être titulaire sur le relais 4x400m aux deux tours des interclubs en 2017. J'étais à chaque fois en 3ème position. (1er tour : Lucile, Julie, moi, Imane puis 2ème tour : Lucile, Chloé, moi, Imane) ».

Deuxième question, quelle était ta première épreuve ? Pensais-tu déjà au relais une fois ta course terminée ?

Alban.D : « J'avais couru le 400 plat avant le relais.  Les jambes c'est pas un problème. Le 4x400m, c'est spécial, c'est surtout du plaisir. Je trouve ça beaucoup plus facile que le 400 plat. La tête se motive et les jambes obéissent ».

Jordan.B: « Avant le relais, j’avais fait le 400m et le javelot. Le javelot fût très difficile, car j’étais encore bien lactique du 400m, mais pour l’équipe, je me mettrais à nu (on retient Jordan !). Suite à ces deux épreuves, pas le temps de penser au relais, je cours partout il faut encourager la Family UST »!

Cassiopée.C : « Avant le relais, j'avais réalisé le 400m. C'était la reprise des compétitions après plusieurs mois de blessures. Entre le 400m et le relais, on dispose de plusieurs heures pour bien récupérer. Lors du second tour, mon chrono sur 400m n'était pas mauvais mais la course était très perfectible. J’étais motivée et j'avais à cœur de me rattraper pour réussir ce relais ».

Lucile.C : « Sur les deux tours, j'avais fait le 200m avant, les jambes étaient en formes. D'autant plus, qu'il y avait eu plusieurs heures entre les deux courses. En revanche à Cergy-Pontoise (2ème tour), j'avais chopé une petite insolation. Malgré le temps de récupération, j'étais un peu dans les vapes. Je pensais au relais mais je l'abordais sereinement. C'est ma course préférée, j'avais hâte de courir. Je ressentais aussi une petite pression pour ne pas décevoir mes coéquipières et le club ».

Lawing.D : Au premier tour, je revenais de blessure, j'étais censé faire uniquement le 200m, mais dans la journée on m'a appris que je devais faire partie de l'équipe du 4x400m. C'était un mélange d'excitation et de peur. Excité, car j'allais prendre part au fameux relais qui clôture les interclubs avec la fameuse haie d'honneur dans la dernière ligne droite. Peur, car je m’aventurais sur le 400m, discipline que je connaissais peu et difficile ».

Troisième question, nous sommes à moins de 30 minutes du départ. Comment se sent-on à cet instant ?

Lucile.C : « Nous sommes à l'échauffement, intérieurement je me dis qu'il faut vraiment que je me réveille, que je sois très dynamique sur mes gammes. Je me motive pour donner le meilleur de moi, pour les filles, pour bien lancer le témoin et leur permettre de faire la course dans le bon wagon. Je ne me rappelle plus du classement de l’équipe mais il me semble que nous étions déjà premiers de notre poule».

Cassiopée.C : « Quand on est parti s'échauffer avec les filles, je ne ressentais pas de stress négatif, même si je savais que j’allais souffrir pendant ma course (ça reste un 400m !). Dans l’équipe, il y a une bonne entente entre les filles, on s’encourage mutuellement afin de rapporter des précieux points à l'équipe».

Jordan.B: « A trente minutes du départ, je m’échauffais au côté de Hugo MOENNER, on était détendu car on savait que la montée était assurée. On a encouragé les équipes du 4x100m. La bonne ambiance était au rendez-vous dans le relais».

Alban.D : « Généralement, je rigole avec les gars. Ça n'a rien à voir avec le 400m individuel, c'est plus une ambiance festive. Je sais qu'on a un relais solide, que ce soit chez les filles ou chez les garçons. Les relais sont bien côtés alors ça permet de grappiller des points au classement».

Lawing.D : « J’ai hâte d'y être, l'ambiance avec l'équipe et excellente on se motive mutuellement. Cette course, elle est pour le club, pour le maillot, il faut tout donner, on se pose aucune question».

Quatrième question, nous sommes dans les starting blocks, le départ va être lancé, comment vis-tu ce moment à l'intérieur?

Cassiopée.C : « Au moment du départ, je vois Lucile se positionner dans les starting-blocks. Les trois autres relayeuses de l’équipe se positionnent sur le côté de la piste avec les autres équipes. Les supporters commencent à descendre sur la piste, l'adrénaline monte doucement. J’entendais énormément de bruit et d'encouragements provenant des tribunes mais je devais rester focalisée sur la course».

Lucile.C : « Je sais que l'écart est plus important que sur un 400m (à cause du décalage, c’est le 2ème relayeur qui se rabat), je me prépare à mettre plus de temps à remonter sur les couloirs extérieurs. J'ai les jambes en coton à ce moment-là et j'ai beaucoup de mal à me concentrer (comme sur chaque course en fait). J'ai vraiment envie de bien faire et de ne pas décevoir».

Alban.D : « C'est très rapide, quand on est aux ordres du starter, il y a une demie seconde de stress, ensuite vient un grand calme… Au moment du départ, je ne pense à rien, on pourrait dire le calme avant la tempête».

Lawing.D : « Pour le premier tour, j'étais 2ème relayeur. J'étais littéralement en stress total mais gonflé à bloc. Grâce à cette course, j'ai eu un déclic qui m'a permis par la suite de pulvériser mon record le weekend suivant. Comme je courais pour le club, j'ai coupé le cerveau et j'ai couru le plus vite possible. Pour le deuxième tour, j'étais justement au départ, j'étais détendu dans mon couloir 7. Avant les ordres du starter, je me suis retourné et j'ai vu la fameuse marée verte. Je me suis dit l'élite est à portée de main».

Jordan.B: « : En tant que 3ème relayeur, j’ai le temps de regarder la course. Même si on savait qu’on était assuré de montée. J’essaye de me mettre dans ma bulle, même si c’est difficile. J’avais envie de courir après les copains sur le 4x4 et de faire la fête avec les autres, mais j’avais encore un tour de piste de plaisir »!

Dernière question, c’est ton relais, tu vas arriver dans la dernière ligne droite, on se dit quoi à cet instant précis?

Alban.D : « Pendant le relais, je suis plus relâché, ça me permet de voir où sont les autres. En plus, en premier relayeur, il y a un décalage plus important. Le dernier relayeur c'est la place de rêve, la foule te porte et tu es obligé de doubler le mec devant toi. Par contre en premier il n'y a personne sur la piste car tu cours en couloir. Et en plus il faut courir plus loin que la ligne d'arrivée du fait du décalage. Je pense que c'est ça le pire, arriver à la ligne et avoir encore 20m à faire».

Lucile.C : « Les encouragements de tout le club au départ me donnent confiance et me motivent énormément. Je suis très fière de courir dans ce relais, surtout avec cette équipe que j'ai trouvée au top. Malheureusement, cette année-là, je n'ai pas eu cette fameuse ligne droite avec les encouragements (1ère relayeuse) mais c'était vraiment transcendant. Le moment de la dernière ligne droite stimule aussi beaucoup car quand regarde devant soi, c'est sa coéquipière qu'on voit trépigner d'impatience et on sait qu'on n'a pas le droit de lâcher. Vraiment on prend conscience qu'on ne court pas pour soi mais toute une équipe et tout un club, c'est très porteur».

Jordan.B: « Cette dernière ligne droite ? Non à Talence, dès la ligne droite opposée vous avez du monde... ça courrait dans tous les sens! Mais oui cette dernière ligne droite, je vous promets que vous êtes cuit, mais vous choppez les frissons en courant, votre cœur s’emballe, et même si on avait déjà gagné, vous êtes à 100% jusqu’au dernier mètre.  C’est à ce jour le 400m sur lequel j’ai pris le plus de plaisir »!

Lawing.D : « Pour le premier tour, j'étais en 2ème. Les 100 derniers mètres, on a l'impression que c'est une deuxième course on est porté par la foule et leurs encouragements. Voir tous les membres de ton club, ton équipe t'encourager, c'est une sensation indescriptible ! C'est une sensation unique, être porté par les membres de ton équipe et d’entendre les autres clubs car tout le monde est uni, soudé derrière son coureur. Tout le monde, sait à quel point le 400 m est une course difficile. En tout cas, c'était un moment fort et j'ai qu'une hâte c'est de refaire un relais 4x400m aux interclubs mais pas le départ si possible. C’est très dur psychologiquement, devoir repasser la ligne d'arrivée et ne pas s’arrêter car il faut passer le témoin jusqu’au deuxième coureur… c'est dur»…

Cassiopée.C : « Quand j’ai pris le témoin, les filles de devant étaient assez loin. Je me dis que je dois donner le maximum pour les remonter et surtout ne pas me faire doubler. Dans la dernière ligne droite, je suis portée par les encouragements de tout le club et de tout le stade, ce moment est magique ! Je n'ai pas réussi à doubler les équipes de devant mais je réalise une bonne course et je retrouve des sensations que je n'avais pas ressenties depuis la saison de 2015 ! Toutes les filles de l'équipe ont réalisé une superbe course pour clore ce relais en 4ème position, en 3'48"21. L'US Talence gagne sa finale en 61 318 points, que du bonheur »!

Cette année je ne pourrai malheureusement pas participer aux interclubs car je me suis blessée. Je suis très triste de ne pas pouvoir apporter ma contribution au club, et en particulier de ne pas pouvoir courir le relais 4x400m que j'affectionne tant. Je serai à fond derrière l'UST qui va tenter de réaliser l'exploit »!